Usages numériques : où en sont les jeunes Français ?

Usages numériques : où en sont les jeunes Français ?

Chacun peut observer autour de lui l’équipement et les pratiques de ses proches en matière de numérique. Qu’en est-il réellement ? L’édition 2015 du Baromètre du Numérique réalisé par le CREDOC, fourmille d’informations précieuses à ce sujet, en particulier sur les jeunes.

Réalisée en face à face auprès des 12 ans et plus, en décortiquant leurs pratiques sur les 12 derniers mois, cette étude souligne un véritable décalage générationnel dans les usages de l’internet. Regardons plus précisément les caractéristiques du « public jeune », celui des 12 – 17 ans, et celles des « jeunes adultes », les 18 – 24 ans.

Pour les plus jeunes, d’abord le divertissement.

Les 12-17 ans utilisent toute la panoplie du numérique. Leurs équipements sont pléthoriques et bien supérieurs à la moyenne des Français. Les chiffres les plus marquants concernent la possession d’ordinateur à domicile (97%), de smartphone (81%) et de tablette (42%).

Leurs usages numériques sont synonymes de divertissement. Ce sont des utilisateurs invétérés de musique en live ou en téléchargement (94%). C’est une génération(2) qui utilise bien plus que les adultes internet pour regarder la télévision en direct ou de rattrapage (60%). Elle n’hésite pas à regarder ou télécharger des films, des vidéos ou des séries sur ce même support (59%). Téléphoner à domicile via Skype ou service similaire (64%) est tout autant une tendance forte pour ce public. Côté smartphone, le constat est que les deux fonctions majeures sont de surfer sur le net (80%) et télécharger des applications payantes ou gratuites (81%).

Enfin, les réseaux sociaux sont le lieu du partage qu’il s’agisse de vidéos ou de photo (92%*), en même temps  ils déclarent s’y informer sur l’actualité (77%*).

Il faut noter que près d’un tiers des jeunes utilisateurs pensent que les entreprises n’utilisent pas les informations collectées de leurs usages internet à des fins commerciales.

* des individus participant à des réseaux sociaux

« J’ai tout et je m’amuse » peut résumer ce public jeune.

Les jeunes adultes sont d’abord mobiles !

L’expression « Mobile first » n’est pas un concept marketing mais une réalité pour les 18-24 ans, puisque 90% possèdent un smartphone. C’est simple, ils explosent tous les compteurs d’usage sur leur smartphone. Par rapport  aux plus jeunes, ce public a des pratiques plus diversifiées du mobile : 83% consultent des mails sur smartphone, 70% utilisent la géolocalisation et 56% ont recours à Hangouts (de Google) ou à un autre service de messagerie instantanée pour échanger des messages textes.

Les loisirs (musique, réseaux sociaux, télévision sur le net…) restent la priorité, sachant qu’ils sont aussi les plus gros consommateurs de vidéos, de films, de séries (73%) sur internet, tout en montrant le plus d’intérêt pour les objets connectés qui analysent les mouvements d’un individu (42%). 

Les 18-24 ans(2) utilisent également internet pour des usages moins ludiques tels que la recherche d’emploi (59%). D’autant qu’Internet est le lieu où ces jeunes adultes achètent (73%) et vendent (37%). Avant l’achat, 77% d’entre eux disent s’informer sur internet, 69% consultent des notes pour se faire une idée d’un bien ou d’un service.

Ils sont les plus innovants en matière d’économie de partage (le fait d’avoir recours à un particulier qui propose contre rémunération un service ou un bien) pratiquée par 25% d’entre eux.

A savoir : 59% des jeunes adultes font confiance dans les commentaires (sur hôtels ou des produits) laissés sur internet par les utilisateurs.

Autrement dit : « jamais sans mon smartphone ! »  

Pour les professionnels des médias et de la communication, ces informations sont intéressantes pour s’adresser au public de moins de 25 ans. Il semble évident qu’il est important de développer des applications ou au moins un site en responsive design afin qu’il s’adapte à tous les écrans.

En matière de formats, la vidéo est incontournable dans l’offre. Sur le fond, le divertissement (ou l’infoentertainment) est une clef d’entrée éditoriale majeure.

D’un point de vue marketing, les relais sur les réseaux sociaux sont indispensables. La newsletter peut être utile au regard du poids de la consultation des emails. L’utilisation des notifications push peut alerter les utilisateurs potentiels  « accros » au mobile. Il faut certainement penser des exploitations à partir des données de géolocalisation.

Méthodologie : Étude réalisée par le Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de Vie (CREDOC) pour le Conseil général de l’économie (CGE) et l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP).Enquête réalisée en face-à-face en juin 2015 auprès de 2 209 personnes représentatives de la population des 12 ans et plus selon la méthode des quotas. L’intégralité du rapport http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/CREDOC-Rapport-enquete-diffusion-TIC-France_CGE-ARCEP_nov2015.pdf

 

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