L’élection présidentielle accélère-t-elle l’innovation dans les médias ?

L’élection présidentielle accélère-t-elle l’innovation dans les médias ?

Au même titre que les grands rendez-vous sportifs, une période électorale est souvent l’occasion de tester de nouveaux formats de visualisation de l’info. A trois mois de la Présidentielle, quelles pistes pour visualiser les données de la campagne et les résultats ?

Graphiques interactifs, cartes mises à jour en temps réel, visualisation des données massives de réseaux sociaux… Pour les médias français, les sources d’inspiration sont encore chaudes, deux mois après les élections américaines.

Mais les précédents scrutins avaient déjà donné lieux à des expériences intéressantes sur le web. A l’occasion du scrutin présidentiel de 2012, Google avait lancé un concours de data-visualisations, dont les résultats restent pertinents en 2017. Le projet gagnant, MédiArena, représentait la couverture des candidats et des thèmes de campagne par les différents médias.

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On peut aussi s’imprégner des pistes explorées en 2015 lors des élections générales au Royaume-Uni. On trouvera ici une sélection des meilleures visualisations, comme cette application de la BBC, qui mettait le lecteur au défi de constituer une majorité politique au parlement.

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Mais avec le scrutin de mars 2017, les rédactions sont soumises à de nouvelles contraintes : un climat de défiance vis-à-vis des médias, et le soucis d’identifier de nouveaux « capteurs » de l’opinion. L’énorme surprise de l’élection américaine a remis en question les grilles de lectures des éditorialistes et des instituts de sondages. Le résultat de la primaire de la Droite a d’ailleurs confirmé ce besoin d’apprendre à lire plus finement les données produites chaque jour, sur les réseaux sociaux. Les principes du data-journalisme n’auront jamais été aussi utiles.

Certains médias, comme le Parisien, ont annoncé qu’ils ne commanderont plus de sondages de popularité des candidats. Mais il faudra trouver de nouveaux indicateurs, et savoir traiter les masses considérables de données produites chaque jour sur ce thème sur Facebook ou Twitter. La plateforme américaine FirstDraftNews offre “un guide de survie” très utile face aux fausses nouvelles qui s’y développent et les robots (les “bots”) qui exagèrent parfois la popularité de certains sujets.

Le format le plus prisé à ce jour en période de campagne reste le comparateur de candidats. Soit en comparant leur profil, (l’exemple de Slate mais aussi Le Temps), soit en mettant face à face leurs propositions. Le Monde a suivi ce modèle en y ajoutant une dose d’interactivité. L’outil développé à l’occasion de la Primaire de la Gauche permet au lecteur de tester son affinité avec les candidats. ll faut d’abord composer son propre programme présidentiel en répondant à un quiz, pour ensuite découvrir le candidat qui nous correspond le mieux. Un format aussi pédagogique que ludique.

Au-delà des mesures de popularité, ce scrutin est aussi l’occasion de décrypter cet algorithme qui fait l’élu : le mode de scrutin. En novembre dernier, Slate s’était intéressé aux conséquences d’une modification de cette règle sur le résultat de la Primaire de la Droite.

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Une élection est  aussi l’occasion de prendre du recul sur le mandat du président sortant. A la veille de l’investiture de Donald Trump, le New-York Times a proposé un bilan du mandat de Barack Obama sous forme de graphiques qui a fait un carton d’audience.

 

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L’organisation du scrutin peut aussi  faire l’objet d’applications web, à l’image de celle imaginée par ProPublica et réalisé en partenariat avec Google. Il s’agissait de rapporter en temps réel les dysfonctionnements observés par les électeurs dans les bureaux de vote. Cette idée avait été développée à Nantes à l’occasion des élections municipales 2014 par Casus Ludi et LiberTIC lors d’un hackathon. Certains projets, ébauchés à cette ocassiosn, mériteraient d’être d’ailleurs d’être réalisés cette année.

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Reste le format classique des cartes électorales, qui peuvent désormais être alimentées en temps réel. C’est en tout cas l’option choisie par les médias nationaux, qui font souvent à des prestataires. Mais les médias locaux peuvent aussi imaginer des organisations internes assez agiles pour y parvenir, et relever le défi de la représentation des résultats à une échelle plus fine que celle de la commune : le bureaux de vote.

second tour

Enfin, une dernière piste encore peu explorée : les médias pourraient trouver à l’occasion de ce scrutin une occasion de valoriser leurs archives sur les précédentes campagnes présidentielles ou sur les candidats en lices, en les associant pourquoi pas aux données disponibles sur la plateforme de données ouvertes Data.gouv.

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