La soirée débat « Les enfants du Web »

La soirée débat « Les enfants du Web »

Organisée par Ouest Médialab et la CCI Nantes Saint-Nazaire, en partenariat avec La Banque Populaire Atlantique, Orange, INA Atlantique et le Journal des Entreprises dans le cadre de Nantes Digital Week, la soirée débat “20 ans d’Internet, et après ?” est remontée jusqu’aux prémices du Web nantais. Une histoire que vous pouvez d’ailleurs revivre à travers notre timeline contributive qui balaie en une cinquantaine de dates clés, l’innovation numérique dans la métropole nantaise de 1995 à 2015.

« Quand on regarde dans le rétro, on se rend compte qu’il y a eu un chemin extraordinaire de parcouru » résume Philippe Roux, co-fondateur du cluster Ouest Médialab et l’un des précurseurs du web à Nantes avec sa société L’image nouvelle. Il y a 20 ans, Internet n’était l’affaire que de quelques pionniers  a aussi rappelé Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole. « Il s’est ensuite étendu à l’ensemble d’un écosystème en mouvement » a  poursuivi la maire de Nantes, saluant au passage l’audace et la dimension visionnaire de ceux qui, très tôt, se sont emparés du sujet.

La soirée, animée par Philippe Créhange, rédacteur en chef au Journal des Entreprises, s’articulait autour de 4 tables rondes, balayant l’ensemble des questionnements touchant de près ou de loin à l’innovation numérique. Des vidéos réalisées par Nantes Live venaient également rythmer la soirée, proposant une introduction inspirante à chaque table ronde.  

Collectivités et e-services publics

Vidéo : Nantes est-elle une smart city ? (Nantes Live)

Dans les années 90, l’Internet des chercheurs (représentant une communauté d’environ 150 000 internautes) devient rapidement un Internet de masse et donc, un Internet marchand. À cette époque (non si lointaine), un certain nombre d’élus commence alors à saisir l’importance de la transition numérique. Patrice Carré, directeur des relations institutionnelles d’Orange, cite notamment le discours de Lionel Jospin prononcé lors des universités de la communication à Hourtin, en 1997. Suite à quelques initiatives isolées, c’est selon lui la première fois qu’un homme politique français attache réellement de l’importance à Internet et donne au service public les moyens d’effectuer sa transition numérique. Historien de formation, Patrice Carré pense que l’ “Open data” et le crowdsourcing, qui permet aux citoyens de nourrir eux-mêmes les données publiques, participent à un certain renouvellement démocratique. Les objets connectés seront quant à eux la prochaine déferlante qui modifiera profondément notre quotidien : d’ici quelques années on en comptera plus de 50 milliards dans le monde.

Où en sommes-nous aujourd’hui et où en serons-nous dans 20 ans ? Nantes peut-elle devenir la capitale de l’algorithme et de l’intelligence artificielle ? Johanna Rolland pense que la métropole nantaise a la capacité de valoriser les talents, les pépites et les réussites de son territoire. « Nous voulons prendre le train du numérique à la nantaise, c’est-à-dire, de manière collective et en étant exigeant sur la méthode ». Selon la maire de Nantes, « La révolution du numérique passe et passera par les usages ». Jean-François Gendron, président de la CCI Nantes Saint-Nazaire, ajoute que la Métropole nantaise est en pointe dans le numérique grâce à la mobilisation de tous les acteurs (privés comme publics).

« Nous savons très bien que les entreprises qui utilisent le numérique et qui l’ont intégré dans leur communication, leur façon de faire, de produire sont celles qui ont eu une progression de chiffre d’affaires ces dernières années ».  

Transition numérique : quand les entreprises traditionnelles transforment leur modèle

Vidéo : Ces Nantais qui imaginent les services de demain (Nantes Live)

Autour de la table : Sandrine Charpentier (fondatrice de Womentoleaders), Olivier de Marignan, directeur général de la Banque Populaire Atlantique et Éric Bullet (Ouest France).

La banque, mais aussi la presse sont des secteurs profondément transformés par la transition numérique. Éric Bullet, rédacteur en chef délégué au journal Ouest France affirme qu’une révolution est en marche dans les rédactions. « Du jour au lendemain, les journalistes n’étaient plus les seuls à collecter, analyser, mettre à disposition les données au public ». Avoir une rédaction numérique à l’échelle de Ouest France (environ 600 journalistes) est impossible : « il s’agit d’y aller étape par étape, sans risquer la cannibalisation du journal papier ». Le quotidien régional veut être pionnier dans certains domaines comme l’édition du soir. Une newsroom numérique a même vu le jour à Rennes dans laquelle de nouveaux métiers font bouger les lignes.

Du côté de la banque, Olivier de Marignan nous donne quelques chiffres étonnants : en 10 ans, la fréquentation des guichets a diminué de 60% ! « Nos clients attendent de nous des services innovants. Internet doit nous permettre de garder le contact et d’enrichir le dialogue ».

Enfin, côté RH, le numérique change aussi la donne. Sandrine Charpentier cite une étude qui prédit qu’en 2020, 60% des métiers d’aujourd’hui auront disparu. « Il y a beaucoup de nouveaux métiers qui naissent avec le numérique, cassons le stéréotype du Geek ».

Start-up et disruption

Vidéo : Qui sont les nouveaux talents nantais du web ? (Nantes Live)

Autour de la table : Éric Bibollet, co-fondateur de Wiztivi, Alexandre Chartier, fondateur d’Ornikar (une auto-école dématérialisée) et Corinne Delaporte, co-fondatrice d’EupTouYou, un centre d’affaires nouvelle génération.

En 2007, la télévision connectée n’existait pas encore. Wiztivi est arrivée en 2009 et est devenue le leader européen de création de services interactifs sur les écrans connectés. Pour 2015, son directeur Éric Bibollet prévoit une croissance à deux chiffres. Selon lui, le web est arrivé dans la télévision qui a ensuite à son tour pénétré le numérique. Aujourd’hui, toutes les chaînes de télévision ont leurs chaînes Internet. La start-up Ornikar propose quant à elle une auto-école “low cost” et est déjà surnommée le “Uber” du permis de conduire (avec un permis deux fois moins cher que le permis classique). À l’image de Wiztivi ou d’Ornikar, des start-ups reconfigurent le paysage en instaurant une innovation de rupture qui remet en question les modèles traditionnels.

Mais parle-t-on de disruption ou d’accélération ? « On ne s’est pas levés un matin en se disant : tiens, on va disrupter un marché » ironise le fondateur d’Ornikar qui explique que c’est l’expérience utilisateur qui a porté Internet. Les participants s’accordent à dire qu’« Internet a remis l’utilisateur au centre des préoccupations du système ».

Recherche & Innovation

Vidéo : À Nantes, conso collaborative et crowdfunding dopent le partage (Nantes Live)

Autour de la table : Cyrille Chaudoit, directeur de l’innovation chez The Links, Olivier Ertzscheid et Francky Trichet (Université de Nantes).

À l’ère des algorithmes qui apprennent et prennent des décisions, comme le rappelle Olivier Ertzscheid, l’idée est de tirer partie du numérique dans la manière d’appréhender l’internaute. D’ailleurs, selon Cyrille Chaudoit, la technologie va permettre de revenir de manière paradoxale vers un commerce de proximité. Selon Francky Trichet, il est même un accélérateur à l’insertion et à la cohésion sociale. « Il va donc y avoir de belles choses avec le numérique mais aussi des lignes de conflit, sur lesquelles il faudra se pencher et que l’appareil politique devra anticiper », conclut Olivier Ertzscheid.

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